Dans les hautes terres de l’Érythrée, là où les montagnes dominent les vallées et où les villages semblent toucher le ciel, vivait un jeune berger nommé Tesfay.
Tesfay avait dix-huit ans.
Chaque matin, avant le lever du soleil, il conduisait les moutons et les chèvres de sa famille vers les pâturages des montagnes.
Son travail était exigeant.
Il devait marcher pendant de longues heures.
Il devait protéger les animaux contre les prédateurs.
Il devait surveiller les changements de météo.
Pourtant, Tesfay aimait son métier.
Les paysages étaient magnifiques.
L’air était pur.
Les montagnes lui donnaient un sentiment de liberté.
Cependant, le jeune homme possédait un défaut.
Il était fier.
Très fier.
Il pensait souvent qu’il était plus intelligent que les autres jeunes de son village.
Lorsqu’un ancien lui donnait un conseil, il l’écoutait rarement.
Lorsqu’un ami lui faisait une remarque, il répondait avec arrogance.
Ses parents s’inquiétaient.
Son père lui répétait souvent :
« Celui qui refuse d’apprendre finit par se perdre. »
Mais Tesfay ne prêtait guère attention à ces paroles.
Un jour, un vieil homme nommé Gebre arriva dans le village.
Il était connu dans toute la région pour sa sagesse.
Pendant des années, il avait voyagé à travers les montagnes.
Les habitants le respectaient énormément.
Lorsque Gebre parlait, les gens l’écoutaient attentivement.
Un soir, les jeunes du village se réunirent autour de lui.
Le vieil homme partagea plusieurs histoires.
Il parla du courage.
De la patience.
De l’humilité.
À la fin de la rencontre, il posa une question :
« Quelle est la qualité la plus importante pour réussir dans la vie ? »
Les réponses fusèrent.
« Le courage ! »
« L’intelligence ! »
« La richesse ! »
« La force ! »
Tesfay répondit avec assurance :
« L’intelligence est la plus importante. »
Le vieil homme sourit.
Puis il déclara :
« Toutes ces qualités sont utiles. Mais sans humilité, elles deviennent dangereuses. »
Tesfay ne fut pas convaincu.
Il pensait toujours avoir raison.
Quelques semaines plus tard, une sécheresse inhabituelle toucha la région.
L’herbe devenait rare.
Les sources commençaient à s’assécher.
Les bergers devaient conduire leurs troupeaux plus loin que d’habitude.
Un matin, Tesfay décida de partir seul vers une vallée éloignée dont il avait entendu parler.
Son père lui conseilla la prudence.
« Demande des renseignements aux anciens avant d’y aller. »
Mais le jeune homme refusa.
« Je peux me débrouiller seul. »
Il partit avec son troupeau.
Pendant plusieurs heures, tout se passa bien.
Puis le temps changea brusquement.
Un épais brouillard recouvrit les montagnes.
Les sentiers devinrent difficiles à distinguer.
Tesfay continua malgré tout.
Il était convaincu qu’il trouverait son chemin.
Mais peu à peu, il réalisa qu’il était perdu.
Les animaux commençaient à s’agiter.
La nuit approchait.
Le froid devenait plus intense.
Pour la première fois, la peur s’installa dans son cœur.
Il chercha un abri.
Finalement, il aperçut une petite cabane de pierre.
Un vieil homme y vivait seul.
L’inconnu l’accueillit chaleureusement.
Il lui offrit de l’eau et de la nourriture.
Après avoir écouté son histoire, il demanda :
« Pourquoi n’as-tu pas demandé conseil avant de partir ? »
Tesfay baissa les yeux.
Il ne trouva pas de réponse.
Le lendemain matin, le vieil homme lui montra le chemin du retour.
Avant son départ, il lui dit :
« Les montagnes enseignent une leçon importante. Peu importe leur hauteur, elles restent reliées à la terre. »
Cette phrase resta gravée dans l’esprit du jeune berger.
Lorsqu’il rentra au village, son père était soulagé.
Les habitants avaient commencé à le rechercher.
Tesfay raconta ce qui s’était passé.
Pour la première fois, il reconnut son erreur.
À partir de ce jour, son comportement changea.
Il commença à écouter davantage.
Il posait des questions aux anciens.
Il acceptait les conseils.
Il apprenait avec humilité.
Les années passèrent.
Grâce à cette nouvelle attitude, il développa de nombreuses compétences.
Il devint l’un des meilleurs bergers de la région.
Les jeunes venaient lui demander conseil.
Un jour, un adolescent lui demanda :
« Comment es-tu devenu aussi respecté ? »
Tesfay sourit.
« En comprenant que je ne savais pas tout. »
Le garçon fut surpris.
« C’est cela le secret ? »
« Oui. Lorsque tu acceptes d’apprendre des autres, tu grandis beaucoup plus vite. »
Cette leçon accompagna de nombreux jeunes.
Plus tard, Tesfay fut choisi pour représenter plusieurs villages lors de réunions régionales.
Les habitants lui faisaient confiance.
Non parce qu’il était le plus riche.
Ni parce qu’il était le plus fort.
Mais parce qu’il savait écouter.
Un soir, alors qu’il observait les montagnes au coucher du soleil, il repensa à son ancienne arrogance.
Il sourit.
Puis il remercia silencieusement les personnes qui lui avaient appris l’humilité.
Car il avait compris une vérité essentielle :
Les plus grandes montagnes ne sont pas celles que l’on escalade avec ses pieds.
Ce sont celles que l’on surmonte dans son propre cœur.
Morale
L’humilité ouvre la porte à l’apprentissage, à la sagesse et au véritable succès.
Vocabulaire
- Un berger : personne qui garde les moutons ou les chèvres
- Un pâturage : terrain où les animaux trouvent de l’herbe
- Une sécheresse : longue période sans pluie
- Un brouillard : nuage très bas qui réduit la visibilité
- L’arrogance : attitude d’une personne qui se croit supérieure aux autres
- L’humilité : qualité d’une personne qui reconnaît ses limites
- Un sentier : petit chemin utilisé pour marcher
Note culturelle
L’Érythrée possède de magnifiques hauts plateaux et des paysages montagneux impressionnants. Dans de nombreuses communautés rurales, l’élevage joue un rôle important dans la vie quotidienne et l’économie locale.
Questions de compréhension
- Comment s’appelle le jeune berger ?
- Quel défaut possédait-il au début de l’histoire ?
- Qui était Gebre ?
- Quelle qualité le vieil homme considérait-il comme essentielle ?
- Pourquoi Tesfay s’est-il perdu dans les montagnes ?
- Qui l’a aidé pendant son épreuve ?
- Quelle leçon lui a enseignée le vieil homme ?
- Comment son comportement a-t-il changé après son retour ?
- Pourquoi les habitants lui faisaient-ils confiance plus tard ?
- Quelle est la morale de cette histoire ?
