Dans les hautes terres d’Éthiopie, au cœur de la ville animée d’Addis-Abeba, vivait un jeune garçon nommé Dawit.
Dawit avait dix-sept ans et travaillait avec son oncle dans une petite boutique située près de l’un des grands marchés de la ville.
Chaque matin, avant le lever du soleil, les commerçants installaient leurs marchandises.
Les vendeurs de café préparaient leurs grains parfumés.
Les artisans exposaient leurs objets.
Les agriculteurs arrivaient avec leurs récoltes.
Le marché était un lieu rempli de vie.
Dawit aimait observer cette activité.
Il rêvait de devenir un grand commerçant.
Son oncle, Abebe, était connu pour son honnêteté.
Les clients lui faisaient confiance.
Même lorsqu’ils avaient plusieurs boutiques à choisir, ils revenaient souvent chez lui.
Un jour, Dawit lui demanda :
« Oncle, pourquoi tant de personnes viennent-elles acheter chez nous alors que certains commerçants vendent moins cher ? »
Abebe sourit.
« Parce qu’ils savent qu’ils peuvent me faire confiance. »
Le jeune garçon réfléchit à cette réponse.
Il comprenait l’importance de la confiance.
Mais il pensait aussi que l’argent était essentiel.
Quelques semaines plus tard, son oncle tomba malade.
Il dut rester à la maison pendant plusieurs jours.
Avant de partir, il confia la boutique à Dawit.
« Je sais que tu es prêt. »
Le jeune homme était fier.
Pour la première fois, il allait gérer seul le commerce.
Le premier jour se passa bien.
Le deuxième également.
Les clients continuaient à venir.
Les ventes étaient bonnes.
Puis, un après-midi, un riche voyageur entra dans la boutique.
Il souhaitait acheter une grande quantité de café.
La commande était importante.
Très importante.
Pendant que Dawit préparait les sacs, il remarqua quelque chose.
Le client avait payé plus que nécessaire.
Il avait commis une erreur dans ses calculs.
Le surplus représentait une somme considérable.
Personne ne semblait avoir remarqué.
Le voyageur discutait avec d’autres commerçants.
Le jeune homme regarda l’argent.
Une idée traversa son esprit.
S’il gardait cette somme, personne ne le saurait.
Il pourrait acheter de nouveaux vêtements.
Il pourrait économiser pour son avenir.
La tentation était forte.
Très forte.
Mais il se souvenait aussi des enseignements de son oncle.
Après quelques instants de réflexion, il prit l’argent supplémentaire.
Puis il rejoignit le voyageur.
« Monsieur, vous avez payé plus que nécessaire. »
L’homme sembla surpris.
Il vérifia ses comptes.
Puis il sourit.
« Tu as raison. Merci de me l’avoir signalé. »
Il reprit son argent.
Dawit retourna à son travail.
Quelques commerçants voisins avaient observé la scène.
L’un d’eux lui dit :
« Tu aurais pu garder cet argent. »
Le jeune homme haussa les épaules.
« Il ne m’appartenait pas. »
Quelques jours plus tard, le voyageur revint.
Cette fois-ci, il n’était pas seul.
Il était accompagné de plusieurs partenaires commerciaux.
Ils possédaient de nombreuses entreprises dans différentes régions.
L’homme expliqua :
« Lorsque quelqu’un est honnête avec moi, je m’en souviens. »
Il passa une commande encore plus importante.
Puis ses partenaires firent de même.
En quelques semaines, les ventes de la boutique augmentèrent considérablement.
Lorsque l’oncle Abebe revint enfin au marché, il fut étonné.
« Que s’est-il passé ici ? »
Dawit lui raconta toute l’histoire.
Le vieil homme sourit.
« Voilà pourquoi la confiance est plus précieuse que l’argent facile. »
Le jeune homme commençait à comprendre.
Les mois passèrent.
La réputation de la boutique grandissait.
Des clients arrivaient parfois de très loin.
Certains avaient entendu parler de l’honnêteté du jeune marchand.
Un jour, un commerçant concurrent tenta de convaincre Dawit d’adopter des pratiques malhonnêtes.
« Mélange du café de mauvaise qualité avec le meilleur. Tu gagneras davantage. »
Dawit secoua la tête.
« Peut-être aujourd’hui. Mais je perdrai demain. »
L’homme éclata de rire.
Pourtant, quelques années plus tard, ce même commerçant perdit la plupart de ses clients.
Sa réputation était détruite.
Pendant ce temps, l’activité de Dawit continuait à prospérer.
Il ouvrit une seconde boutique.
Puis une troisième.
Mais malgré son succès, il restait humble.
Il traitait tous ses clients avec respect.
Il prenait le temps d’écouter leurs besoins.
Il formait également de jeunes apprentis.
Un jour, l’un d’eux lui posa une question.
« Maître Dawit, quel est le secret du succès ? »
Le commerçant réfléchit un instant.
Puis il répondit :
« Beaucoup de personnes pensent que le commerce consiste à vendre des produits. »
« Ce n’est pas le cas ? »
Dawit sourit.
« Le commerce consiste d’abord à gagner la confiance des gens. »
L’apprenti resta silencieux.
Le maître poursuivit :
« Une fois que les personnes te font confiance, elles reviennent. Elles parlent de toi à leurs amis. Elles deviennent tes partenaires. »
Cette leçon marqua profondément le jeune homme.
Les années passèrent.
Dawit devint l’un des commerçants les plus respectés d’Addis-Abeba.
Mais lorsqu’on lui demandait comment tout avait commencé, il racontait toujours la même histoire.
L’histoire de l’argent qu’il aurait pu garder.
L’histoire du choix qu’il avait fait.
Car il savait que sa réussite était née d’un simple acte d’honnêteté.
Et partout où son histoire était racontée, les jeunes apprenaient une vérité importante :
La confiance prend du temps à construire, mais elle peut ouvrir des portes que l’argent seul ne pourra jamais ouvrir.
Morale
L’honnêteté et la confiance créent des succès durables que la tromperie ne peut jamais offrir.
Vocabulaire
- Un commerçant : personne qui achète et vend des produits
- Une boutique : magasin de petite taille
- Une commande : achat important demandé par un client
- Un partenaire : personne qui travaille avec une autre pour atteindre un objectif commun
- Une réputation : opinion que les autres ont d’une personne
- Un apprenti : personne qui apprend un métier
- La confiance : sentiment de sécurité et de crédibilité envers quelqu’un
Note culturelle
L’Éthiopie possède une longue histoire commerciale. Addis-Abeba est l’une des plus importantes villes d’Afrique de l’Est. Le café occupe une place particulière dans la culture éthiopienne et fait partie des produits les plus célèbres du pays.
Questions de compréhension
- Comment s’appelle le jeune héros ?
- Dans quelle ville vivait-il ?
- Avec qui travaillait-il ?
- Quelle erreur le voyageur a-t-il commise ?
- Pourquoi Dawit a-t-il rendu l’argent ?
- Comment le voyageur a-t-il réagi ?
- Quel conseil malhonnête un concurrent lui a-t-il donné ?
- Pourquoi Dawit a-t-il refusé ?
- Quel secret du succès enseignait-il à ses apprentis ?
- Quelle est la morale de cette histoire ?
