Le champ s’étendait à perte de vue. Et c’était le champ de Kacou Ananzè. Les tiges d’ignames, avec grâce, s’enroulaient autour des tuteurs, traînaient indolemment sur le sol, telles des femmes grosses dans la cour des hommes, grimpaient au long des souches, des troncs d’arbres, des pieds de maïs…
Çà et là, du taro, du gombo, du piment, des aubergines blanches, violettes, toutes rondes, avec en parterre, des patates aux feuilles vert foncé. Et mêlée à tout cela de l’arachide aux fleurs jaunes. Vraiment, il était beau à voir, ce champ, surtout par les couchers de soleil !
Toutes ces feuilles, toutes ces tiges alors grisées de fraîcheur, de parfums, ivres d’air, de vitalité, ondulaient sous la brise câline.
Et les ignames adoptaient de ces attitudes, de ces poses ! On aurait dit des galantes allant chez leur ami, le pagne relevé comme ceci et le foulard dans lequel le zéphyr joue avec plaisir, le foulard en bataille… comme cela.
Elles faisaient des manières, les ignames, chaque jour arborant, affichant des nuances nouvelles, chaque heure prenant des teintes différentes, selon que le soleil se levait ou se couchait, selon qu’au zénith, il brillait de tout son éclat, ou que le ciel était couvert. Les haricots et les taros avaient de ces teintes-là qui, à elles seules, aiguisent l’appétit.
Kacou Ananzè ne se lassait pas de contempler les ignames, les gombos, les taros, les piments d’un rouge pivoine, les haricots dont les vrilles s’accrochaient çà et là, à des tiges, des brindilles, des pieds de maïs bavards, des bananiers venant avec force et dont les larges feuilles servaient de parasol aux autres plantes…
Dans la forêt, par les éclaircies, des rideaux de brume persistante. Le soleil, de fouet, brûlait la peau, pénétrait dans le corps, chauffait le sang, cognait sur le crâne comme pour l’ouvrir et étaler au grand jour les pensées de chacun. N’y parvenant point, il se contentait de faire transpirer tout le monde. Entre deux nuages, dans les vallons, il brillait longtemps, heureux de s’épanouir, de s’étendre, de traquer les ombres, de les grignoter, les absorber, les dissoudre. Et les ombres, sous cette charge ardente de l’astre, se réfugiaient sous les feuilles de bananiers et le feuillage épais des grands arbres. N’empêche, le soleil les relançait, les poursuivait, les criblait de trous, entre elles, posait des haies de lumière.
Quel spectacle ! Des papillons volètent, se posent sur telle feuille, frôlent telle autre, montent, descendent, plongent, disparaissent, réapparaissent. Ils sont blancs, ils sont jaunes, ils sont tachetés. Ils sont deux, quatre, plusieurs à se balader de la sorte. Vagabonds, ils chantent l’indolence, le caprice, l’inconstance, la paresse. Ils pérégrinent en se moquant du soleil brûlant qui, de honte, vient de se cacher derrière une montagne de nuages, de rentrer en lui-même, dirait-on, pour ensuite projeter avec force, ses rayons concentrés. Mais il rit, le brave soleil ! Il ignorait l’entêtement d’un papillon.
Les Singes eux, hurlent là-bas. C’est dans leur habitude. Jamais se taire. Toujours se gratter et sauter de branche en branche, somnoler un peu et se remettre à questionner : « Kpa ! kounn ! kpa ! koun ! » Et plus loin, répondent les cris rauques du Singe noir et l’alarme du Capucin, l’animal le plus habillé de la forêt.
Les oiseaux vont et viennent en chantant. Les épis de maïs se laissent peigner la barbe par le vent qui en emporte des touffes. Et toutes les ignames remuent leurs feuilles qui, commençant de sécher, indiquent la date prochaine de leur récolte. Du champ, les oiseaux volent sur les arbres et de ceux-ci, reviennent dans le champ, se poser sur les tiges, sur les branches, sur les brindilles, sur des troncs continuant à se consumer lentement depuis le jour où le feu fut mis au Champ. La fumée s’élève calmement dans le ciel, forme des ronds, se traîne, serpente sur le sol, se redresse, s’enroule sur elle-même, se déroule, puis se redresse à nouveau. Et les libellules donc ! Elles ne s’attardent sur aucun perchoir, pressées de s’en aller pour on ne sait jamais où. De leurs ailes en filigrane trop tôt sorties du métier, elles viennent, distraites, vous caresser les oreilles, la joue. Elles volètent un moment devant vous, vous murmurent quelque chose à l’oreille, puis constatant votre surdité, se rendant compte qu’elles ont affaire à un étranger, « zinn ! zinn ! » en deux coups d’ailes, elles sont parties.
Et sur le champ d’ignames s’étendant à perte de vue, toujours le soleil qui s’épand et ravive toutes les couleurs !
Les ignames étaient vraiment bien venues ! Jamais des ignames aussi bien, n’étaient venues. Aussi tous ceux qui passaient à proximité du champ ne se retenaient-ils pas de murmurer de jalousie. Il avait fallu à Kacou des mois entiers de durs labeurs assidus pour avoir un champ aussi beau. C’était cela que les autres ignoraient qui passaient en murmurant de jalousie. Ils voyaient le champ, mais pas la peine, les privations que l’on se donne, que l’on subit lorsque obscurément l’on poursuit un but ?
Mais quelque chose lui trottait par la tête comme une bête, lui marchait là, sous le crâne.
— Tenez, regardez ! Suivez du doigt son itinéraire. Il est ici… il est là… Quoi ? Vous ne le voyez pas ? Vous ne le sentez pas ? Il me court sous la peau, sous le crâne ! Ah, pauvre de moi, Kacou Ananzè ! Toujours la victime des autres.
Chassé, il allait se réfugier à la nuque, pour revenir là, encore, sous le front.
— Mais est-ce bien sous le front qu’il est, ce quelque chose tout le temps à mes trousses ? Non ! Non ! Je ne veux pas ! — Mais si… Kacou Ananzè… C’est possible… — Quoi ? Pour qui me prends-tu ?
— Oui… fais-le… Kacou Ananzè ! Ce sera pour toi, un nouveau titre de gloire… un élément nouveau qui te fera entrer dans la légende.
— Fuis loin de moi… Et ma femme, et mes enfants ?
— Allons ! Allons Kacou Ananzè… Tu sais très bien que ta femme, tes enfants…
— Alors, tu me dis : « Et si tu mangeais à toi seul ces ignames ? »
— Oui c’est cela ! De si belles ignames ! Regarde-les, contemple ce champ, ton champ ! Tu penses qu’il faudrait nécessairement partager cela avec d’autres ? Qu’est-ce qu’ils ont fait. Ils t’ont simplement aidé. Le gros du travail ? C’est toi qui l’as accompli.
— Tu dis vrai… Tous ces arbres, c’est moi qui les ai abattus… C’est une bonne idée après tout…
— Si tu mangeais à toi seul toutes ces ignames ? Comme cela « toh ! » sans en donner à personne.
— Rien de plus succulent qu’un bon plat d’ignames avec du hachis de feuilles de patate, assaisonnés de gros sel qui craque sous les dents et un peu de miel dessus en condiment de choix.
— Tu es un gourmet, tu sais, Kacou Ananzè…
— Du bon vin de palme bien aigre, raclant la gorge, après avoir mangé une bonne igname cuite sous la cendre, rien de tel !
— Ces ignames ! Kacou Ananzè, si tu les mangeais à toi seul… comme cela, « pihan ! » sans en donner à personne ?
Et c’était tout le temps de tels propos dans la tête de Kacou Ananzè depuis que les feuilles des ignames commençaient à jaunir.
— Oui, il me faut manger à moi seul, toutes ces ignames !
Le soir venu, Ananzè rentrait à la maison, triste, tout triste de n’avoir pas encore trouvé le moyen pour manger à lui tout seul, tant de bonnes choses. Et tout le temps il fouillait son sac à malices. Et dans ce sac encore, il trouva ce qu’il cherchait depuis que ce matin-là, quelque chose lui avait murmuré à l’oreille : « Et si tu mangeais à toi seul, toutes ces ignames ? »
Il fallait mourir. C’était la seule solution. Mourir pour manger seul toutes ces ignames qu’on récoltait déjà et dont les tubercules étaient plus gros que des cuisses de femmes plantureuses. Oui, il fallait mourir. C’était la seule solution.
Un jour donc, Kacou Ananzè et sa famille étaient au champ. Depuis le matin, ils travaillaient. Le soleil lentement avait grimpé sur la cime des arbres, ce soleil qui sur les feuilles des bananiers avait des reflets métalliques. Ils travaillaient encore malgré la chaleur étouffante. Partout des squelettes d’insectes, des anneaux de mille-pattes, des coquilles d’escargots, et autres mollusques surpris par le feu lors du brûlage du champ. Les eaux de pluie avaient çà et là, creusé des rigoles.
Ils travaillaient lorsque tout d’un coup Kacou Ananzè tomba en syncope. Sa femme et ses enfants le transportèrent au village où il revint à lui-même, pour entendre Côlou, sa femme, dire à Eban, son fils aîné :
— Ton papa, il est en train de… tu comprends ?
— Tu penses, maman?
— Cette syncope au moment de la récolte, ne me dit rien qui vaille. Jamais je n’ai vu ton père tomber en syncope. Ce n’est même pas une maladie de la famille. La gale, la teigne, le ventre qui ballonne, oui, mais la syncope… hum ! Ouvrons l’œil, mon enfant.
— Je vais l’ouvrir, maman.
La récolte finit. L’on mit d’un côté le piment, le gombo, le taro et de l’autre, les ignames, les haricots, les bananes, les patates.
Et voilà qu’il tombe malade, Kacou Ananzè !
— Hum ! Eban, redit Côlou.
— Je l’ai à l’œil, maman.
— Ton papa, il est le plus malicieux et le plus rusé des êtres du monde entier.
— Je suis de race… et j’ai toujours lu dans le jeu de papa.
Un matin, Kacou Ananzè dit aux siens :
— Cette nuit j’ai fait un rêve fantastique. Je vais mourir.
— Que dis-tu ? Mourir ? Et tes enfants, que vont-ils devenir ? Et moi, ta femme ?
— Ma pauvre femme, je vais hélas mourir. Quelqu’un étant venu, me disait aussi nettement que je vous parle : « Kacou Ananzè, tu vas mourir. Mais lorsque tu seras mort… »
— Oh ! papa va mourir, pleuraient les enfants.
— Laissez-moi vous raconter le rêve : « Mais lorsque tu seras mort, qu’on ne te lave pas, qu’on ne t’habille pas, mais que l’on t’enterre dans ton champ, près des ignames pour lesquelles tu t’es donné tant de peine. »
— Quoi, ne pas me baigner, ne pas m’habiller et m’enterrer dans un champ ? Ça jamais ! Et le cimetière où dorment les miens, répliquai-je. Mais la voix continuant me dit : « C’est pour le bonheur des tiens, ta femme, tes enfants surtout. »
— Donc je vous dis que je vais mourir et qu’il vous incombe de faire ce que l’on m’a dit cette nuit en rêve. Tenez, j’oubliais, il recommandait de mettre sur ma tombe, un mortier, un pilon, une marmite, du sel, de l’huile, quoi encore ?… Ah ! cette mémoire qui vieillit : enfin je crois que c’est tout.
Je suis content de mourir, vraiment content. Je vais enfin clouer le bec à toutes les mauvaises langues.
Deux jours après, Kacou Ananzè mourait. Il fut enterré dans le champ près des ignames.
Au village, les funérailles duraient. Chaque soir, c’étaient des libations, des danses, des palabres interminables, des rixes même, parce que chacun avait bu outre mesure. Tous les tam-tams du village étaient crevés, tant on était content d’avoir enterré Kacou Ananzè. D’aucuns même, au lieu de la pincée de sable, avaient, à plusieurs reprises, jeté violemment des poignées de terre sur le pauvre cadavre. Sur les visages, aucune trace de douleur. Au contraire, tous les yeux riaient et semblaient dire : « Enfin ! Il était temps ! »
Et c’est parce que tous les tam-tams étaient crevés que les funérailles cessèrent, plus rien n’appelant aux libations.
Dans le champ, chaque soir, Kacou Ananzè sortait du tombeau, se gavait d’ignames. Il se disait, écoutant le rugissement des tam-tams : « Pauvres gens, depuis quand, en rêve, apprend-on sa mort ? Depuis quand des créatures se font-elles enterrer dans un champ d’ignames ? Moi, Kacou Ananzè, mourir comme cela, sans même avoir essayé de tromper la Mort ? »
Après les funérailles, l’on reprit le chemin des plantations, la houe sur l’épaule, la machette en main, chacun allant par grandes foulées pour se mouiller le moins possible aux herbes chargées de rosée. Ici, l’on courbait la tête sous un dais de feuillage ; là, on rampait presque sous un arbre depuis des ans couché en travers de la route, par un orage.
Eban et Côlou, comme tous les autres, arrivèrent dans le champ. Les tas d’ignames avaient diminué.
— Eban, je t’avais dit d’ouvrir l’œil.
— Je l’ai ouvert, maman.
— Alors, ces ignames qui diminuent ?
— Mais papa est mort !
— Oui donc pourrait en être l’auteur ?
— Nous le saurons. J’ai une idée.
La nuit vint. Toute la brousse dormait. Les animaux, repus, ne faisaient entendre aucun cri. Même ceux qui cherchent leurs aliments la nuit, s’étaient assoupis. À peine entendait-on de temps à autre le hoquet d’un perroquet, le hululement d’un hibou, le bruissement d’une branche qui se décroche d’une autre comme après une étreinte amoureuse. Les insectes mêmes, inlassables chanteurs avaient baissé le ton de leurs concerts, gagnés eux aussi par le sommeil. Des fruits, sous le poids des ténèbres, fatigués de lutter, se laissaient choir. Et les arbres n’avaient plus de force pour s’ébrouer dans le vent qui, réveillé en sursaut, continuait son voyage. Ne parvenant point à remuer la houle de cimes enchevêtrées et couvertes d’ombre, le vent s’apaisait, gagné lui aussi par la somnolence. Seules quelques herbes remuaient, mais pas pour longtemps. La paix devenait si profonde qu’aucun être ne voulait la troubler. Les lucioles tentaient d’incendier cette immense forêt verte qu’elles piquaient de feux clignotants, de lueurs fugaces, d’étoiles filantes. Des chimpanzés rêvant, hurlaient, les singes questionnaient : « kpa koun ! » Et le calme renaissait, troublé dans les sous-bois par quelque serpent à l’affût, un mille-pattes aveugle tout le temps en marche, la chute d’une branche, d’une liane, par tous les multiples soupirs, les innombrables murmures des êtres dans la nuit.
Sorti de son tombeau, Kacou Ananzè avançait vers le dernier tas d’ignames. Mais à côté, il y avait quelqu’un.
Kacou Ananzè brise une branche. Ce quelqu’un ne bouge pas.
Kacou Ananzè toussote, fait tomber une vieille souche. Toujours la même immobilité.
— Eh ! Eh ! l’ami, où vas-tu par cette nuit ?
— …
— Oui, c’est vrai, tu es venu me rendre visite.
— On t’a chargé de surveiller la récolte. C’est ce que je fais moi aussi. Les éléphants, les buffles, les singes, aiment tellement l’igname, la banane, la patate, le taro que chaque nuit, je suis obligé de sortir pour les chasser. Depuis ma mort, je ne dors pas. Toutes les nuits je veille. Et toi, parviens-tu à dormir?
— Tu ne réponds pas? Je vais me fâcher. Je vais te frapper, hein ! je vais te frapper, hein ! Espèce de voleur. Tu me connais ! Je suis l’Araignée.
— Tu ne cours pas. Ah ! tu veux faire le brave, toi ? Tu ne me connais donc pas ? Je suis Kacou Ananzè !… te redis-je. Je n’aime pas beaucoup ces sortes de plaisanteries. Gare à toi, si je me fâche. Tu ne réponds pas… Espèce de malappris. Tu ne réponds pas à un vieux comme moi, eh bien, tiens, alors pour t’apprendre à venir me narguer dans mon champ.
Et pan ! une gifle.
— Comment, tu oses me saisir la main ? Quel toupet. Lâche-moi.
— Et l’autre main ? Elle est libre… Tu vois… Et pan ! une autre gifle.
— Ah ! mais tu exagères. Ton insolence passe les bornes. On peut plaisanter, mais pas jusque-là. Me tenir les deux mains ! Et mes pieds, qu’en fais-tu ?
Et toc ! toc ! Les deux pieds furent saisis par ce quelqu’un qui toujours ne disait rien.
— Ah ! Je comprends… Tu es venu pour me provoquer. Eh bien, moi, on ne me provoque jamais. Tu me saisis les mains et les pieds. Et mon ventre, qu’est-ce que tu en fais ?
Et paf ! Et le ventre resta collé contre ce que Kacou Ananzè prenait pour un être et qui n’était qu’un mannequin de glu.
Le jour approchait. Les cimes des arbres, une à une se dévêtaient de leur manteau d’ombre. Les ténèbres en se dissipant, dévoilaient des trouées. Les coqs de pagode et les milliers d’habitants de la brousse, en leurs langages divers, se saluaient. Le soleil montait. Sur les feuilles, la rosée en très fine poussière restait posée. Les toucans s’abattaient bruyamment sur les palmistes mûrissants, et s’en disputaient les graines.
Ananzè restait prisonnier. Après avoir à nouveau fouillé dans son sac, il fit le mort dès qu’il entendit venir ses enfants. Ils criaient !
— Nous avons pris le voleur !
— Comme il ressemble à papa !
— Notre papa est mort !
— Notre papa n’est pas un voleur !
Côlou vint à son tour. Elle le regarda. Ananzè ouvrit un œil. Il fit même un signe à sa femme qui posément, les mains aux hanches, dit à ses enfants :
— Cet homme n’est pas votre père.
— Qu’allons-nous en faire ?
— Le brûler, répondit Côlon.
Le feu fut mis aux brindilles, aux feuilles mortes entassées aux pieds de Kacou Ananzè.
La fumée monte. Elle lui entre dans le nez, dans les yeux. Il étouffe, le pauvre Kacou Ananzè. Et la flamme tout à coup s’en mêle. D’abord rose, elle rougit. Elle le lèche, le frôle, le griffe, le mord.
Quoi? se laisser brûler tel un rat palmiste traqué dans un trou ? On est Kacou Ananzè ou on ne l’est pas !
Côlou de toutes ses forces attise le feu comme si le vent ne soufflait pas assez.
La glu fond. Kacou Ananzè bouge. Il remue une jambe, un bras.
En flamme, il se détache du pieu, se jette sur sa femme et sur ses enfants, qu’il entraîne vers la rivière qui coulait près de là.
Les uns coulent, les autres surnagent.
Et c’est depuis ce jour-là qu’on voit des araignées sur les sources, les rivières, les fleuves.
